Ukraine : l’après Ianoukovitch

Après son départ de Kiev, les nouvelles autorités ukrainiennes ont lancé un mandat d’arrêt pour « meurtres de masse » contre le président déchu Viktor Ianoukovitch et réclamé 35 milliards de dollars d’aide, alors que la chef de la diplomatie européenne est arrivée lundi à Kiev. L’Ukraine en faillite peine à trouver des solutions pour retrouver sa prospérité.

Visiblement, l’Histoire se répète, comme toujours. Viktor Ianoukovitch rejoint le cercle fermé des présidents ennemis publics numéro 1 de l’Occident. Après Ben Ali, Kadhafi ou Chavez, c’est au tour de Ianoukovitch : « Une enquête criminelle a été ouverte pour meurtre de masse de civils à l’encontre de Ianoukovitch et de plusieurs autres fonctionnaires. Un mandat d’arrêt a été lancé contre eux », a annoncé lundi Arsen Avakov, le ministre de l’Intérieur par intérim, sur son compte Facebook.

Inaoukovitch

Destitué samedi par le Parlement, M. Ianoukovitch n’a pas donné signe de vie depuis et pourrait se cacher dans l’est du pays. Les violences au centre de Kiev ont fait 82 morts la semaine dernière. Parallèlement, la Russie a menacé lundi d’augmenter les droits de douane sur les importations en provenance d’Ukraine si Kiev se rapproche de l’Union Européenne. Par ailleurs, de nouveaux gazoducs vont permettre à la Russie de contourner l’Ukraine pour exporter son gaz vers l’Europe. Or, nous savons que 60% du gaz russe qui circule en Europe transit par l’Ukraine. Ainsi, Kiev est menacée de perdre un important rabais sur le gaz russe, acheté 290 Euros les 1000 mètres cubes à Gazprom, l’industrie gazière russe (contre 360 pour l’Allemagne). En outre, l’Ukraine est le premier exportateur de Tournesol en Europe, une industrie gourmande en gaz, le rapprochement avec l’Union Européenne risque d’éloigner le géant russe et troubler fondamentalement l’économie ukrainienne.

« Nous disons à l’Ukraine : bien sûr vous avez le droit de choisir votre voie », a déclaré Alexeï Oulioukaev, le ministre russe de l’Économie, au sujet de l’accord d’association envisagé par Kiev avec l’UE.

Dans l’optique d’un accord eurasien, il était convenu de lever l’embargo de la Russie sur les produits ukrainiens qui souhaitent s’ouvrir au marché russe. À condition que l’Ukraine ne signe pas d’accords commerciaux avec L’Union Européenne. « Dans ce cas, nous nous verrons dans l’obligation d’augmenter les droits de douane à l’importation », ajoute le ministre russe de l’économie, justifiant une telle mesure par la crainte que l’Ukraine devienne une porte d’entrée vers la Russie pour les produits européens qui envahiraient le marché, selon lui. Il ne fait aucun doute que la guerre froide est déclarée. Les enjeux sont tellement importants que chaque détails est millimétré. Une tension extrême se dégage des relations bipolaires, le rideau de faire semble se tracer. Il est clair qu’une bataille diplomatique est entrain de se jouer sur la scène internationale.

Alexeï Oulioukaev

Alexeï Oulioukaev, le ministre russe de l’Économie

Alors que la haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est arrivée à Kiev en début d’après-midi, Iouri Kolobov, le ministre des Finances par intérim, a annoncé que « l’aide macro-économique dont a besoin l’Ukraine peut atteindre 35 milliards de dollars en 2014-2015″. Sachant que le salaire moyen ukrainien est de 192 euros, la situation de l’État est une aubaine pour l’Union Européenne. En signant un pacte de libre échange, les entreprises pourront être délocalisées à proximité, où le coût de la main d’œuvre est très bas pour dégager un meilleur profit. Un jeu d’enfant.

« Nous avons proposé à nos partenaires occidentaux d’organiser une grande conférence internationale de donateurs », selon un communiqué. De toute évidence, l’Ukraine traverse une crise majeure à la fois politique, sociale et économique. Les revendications sont multiples, mais les ukrainiens veulent principalement se débarrasser d’un gouvernement autoritaire et corrompu. Et c’est là qu’intervient l’Occident comme à chaque révolution populaire. Semer le désordre, provoquer la fuite des chef d’État pour proposer une « démocratie » à coup de subventions. Telle est la stratégie gagnante pour l’Occident.

Zbigniew Brzeziński

L’Union Européenne se tient prête à aider l’Ukraine à honorer ses engagements financiers et à négocier son tournant politique, avait auparavant indiqué lundi George Osborne, le ministre britannique des Finances : « Nous devons être prêts à apporter une assistance financière via des organisations comme le Fonds Monétaire International », avait-il déclaré, précisant que l’essentiel de cet apport prendrait la forme de prêts.

Les Occidentaux ne cachent pas leurs craintes pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine après la crise de la semaine dernière. Les russes de leurs côtés dénoncent des autorités illégitimes au pouvoir et une ingérence de l’Union Européenne et des États-Unis. Les camps se forment et les tranchées s’organisent.

6 commentaires


2+4
  1. mimsmims

    Mais si ils signent avec l europe ils signent avec la diable il signe leur arrêt de mort c est la descente aux enfers qui les attend. faut que la Russie continue à les tenir il me semble parce que même si les entreprises seront délocalisé la bas les ouvriers seront exploités et je doutes que ça remonte le niveau de vie là bas par contre pour nous ce sera forcément une horreur au niveau de notre économie de marché. J ai l impression que le but est juste personnel ils veulent placé kiev sous contröle et défier il me semble ainsi la Russie. C est chaud mais la Russie a raison de rien lâcher, la Rusie a raison il faut qu elle fasse attendre à Kiev que l intêret de l occident n est pas sain

    1. dcmpt

      bof, c’est l’élection qui « légitime » le pouvoir, non?
      pour ma part, je préfère qu’on tire au sort parmi n’importe quel dissident de la pensée unique
      c’est d’ailleurs les seuls qui joueraient vraiment le jeu démocratique -c’est donc viable, ils ont tous le niveau pour faire mille fois moins de connerie que n’importe quel gouvernement, et le tout avec beaucoup moins de corruption…

  2. PhB

    Alors même sur ce site, on y va de son petit crachat anti-ukrainien. Quel est le zozo qui a pondu cet article d’une crétinerie rare ?
    Approuver et soutenir un coup d’état bidon, manigancé par la clique européiste et la CIA, fallait oser le faire
    Bande de nuls !
    Et vive Poutine !

  3. Boolax

    Nous citoyens on veut pas de ces Ukrainiens dans l’union Européenne, si pour que les usines soient déportés dans quelques années pour des travailleur payés 1000€ de moins (net) donc beaucoup plus en brut…. Faire des économie de 1800€ sur les salariés c’est un coup à nous la foutre dans le cul une fois de plus.